Les maladies parodontales

1- QU’EST-CE QU’UNE MALADIE PARODONTALE ?

Issu du grec para (« à côté de ») et odontos (« dent »), le terme de « parodonte » désigne l’ensemble des tissus qui soutiennent les dents : l’os qui entoure les dents, la gencive qui recouvre cet os, le ligament qui entoure les racines de la dent et le cément, couche minérale qui recouvre les racines dentaires et permet l’attache du ligament.

Les maladies parodontales, ou parodontites, sont des maladies infectieuses qui se caractérisent par la destruction, plus ou moins sévère, plus ou moins rapide du parodonte.

2 – QUELLE EST L’ORIGINE DES MALADIES PARODONTALES ?

Contrairement à une idée encore très largement répandue dans le grand public, les parodontites ne sont pas des maladies dues au vieillissement ou apparaissant chez des patients qui ne se brossent pas bien les dents.

Certes, l’inflammation gingivale (gingivite) et le tartre créent un environnement favorable à la colonisation du parodonte par des formes agressives de bactéries et de parasites.

Cependant, même en présence d’agents infectieux agressifs, une parodontite ne se déclenchera que si les systèmes de défense de l’organisme présentent une défaillance. C’est en cela qu’il s’agit d’une véritable maladie et non d’un simple problème lié à l’âge ou à l’hygiène.

Les sujets à risque présentent le plus souvent une ou plusieurs des 6 caractéristiques suivantes :

  1.  Prédisposition génétique (mise en évidence notamment par la présence d’antécédents familiaux de parodontite)
  2.  Présence de stress accompagné d’anxiété
  3. Consommation de tabac
  4.  Faible résistance aux agents infectieux, qui peut être la conséquence d’un problème de santé connu (diabète ou VIH par exemple), mais peut-être aussi suggérée par l’existence d’épisodes infectieux réguliers (sinusites, rhumes, grippes etc.).
  5.  Faible susceptibilité à la maladie carieuse (L’absence de caries suggère une faible quantité de bactéries cariogènes. Or celles-ci jouent un rôle « protecteur » en éliminant les bactéries agressives pour le parodonte)
  6.  Antécédents d’infection gingivale sévère (ulcération douloureuse de la gencive)

3 –  QUELS SONT LES SYMPTOMES DES MALADIES PARODONTALES ?

Ces affections évoluent par la succession d’épisodes d’activité entrecoupés de périodes de repos. Ceci peut se produire sans signe visible ni douleur. Cependant, la plupart du temps, les parodontites se traduisent notamment pendant les périodes d’activités par un ou plusieurs des symptômes suivants :

  • Sensibilités, voir douleurs au niveau des gencives. Les patients décrivent des sensations de fourmillement, d’échauffement, de constriction… Ils disent sentir que « ça travaille ».
  • Sensibilités au froid, au chaud ou au sucre en l’absence de caries
  • Saignement des gencives au brossage, lors de l’alimentation et quelquefois même spontané.
  • Suppurations
  • Rétraction des gencives mettant quelquefois à nu la racine des dents (le « déchaussement »)
  • Mauvais gout dans la bouche et/ou mauvaise haleine (ou halitose), causés par des composés sulfurés rejetés par l’activité des bactéries.
  • Une ou plusieurs dents mobiles.
  • Apparition d’espaces entre les dents (des « diastèmes »).
  • Tassements alimentaires (aliments qui se coincent entre les dents).
  • Abcès (petite boule qui apparaît sur la gencive), souvent non douloureux.

4 –  SI ON NE FAIT RIEN…

Au premier stade de la maladie, la plaque dentaire, colonisée par des bactéries agressives, s’insinue entre la gencive et la dent. Le système immunitaire étant impuissant, la gencive se décolle progressivement des dents, permettant ainsi l’infiltration des parasites et des bactéries qui finissent par détruire l’os sous-jacent.

Une véritable poche se crée ainsi entre la dent et les tissus environnants. Cette poche parodontale devient rapidement le réceptacle d’une grande quantité de bactéries ; la plaque dentaire s’y accumule, se minéralise, et forme du tartre qui empêche la cicatrisation des tissus et la fermeture des lésions. L’infection et l’inflammation s’étendent peu à peu et gagnent les tissus profonds. Les dents perdant leur ancrage dans la mâchoire finissent par bouger.

Puis, à mesure que la hauteur de l’os diminue, les dents deviennent de plus en plus mobiles, allant pour certaines d’entre elles jusqu’à tomber.

Les maladies parodontales peuvent évoluer plus ou moins vite et sur tout ou partie de la denture. Dans la majorité des cas, ce sont des infections chroniques qui évoluent sur des années. Une étude publiée en 1999 par l’INSERM rapporte cependant qu’après 50 ans la maladie parodontale, souvent installée depuis longtemps, devient la première cause de perte de dents devant la maladie carieuse.

De nombreuses études ont montré que des bactéries peuvent se disséminer à partir de foyers bucco-dentaire dans tout l’organisme et créer des infections à distance (sinusite, abcès pulmonaire ou cérébral, infection sur des prothèses articulaires etc.).

Les sujets souffrant de parodontites présentent en particulier un risque statistiquement plus élevé de développer des maladies cardio-vasculaires et des affections broncho-pulmonaires. L’équilibre glycémique des patients diabétiques peut également être affecté.

Enfin, de récentes études cliniques ont mis en évidence une corrélation entre les maladies parodontales et le risque d’accouchement prématuré ou d’avoir un bébé de petit poids à la naissance.

Pour aller plus loin : 

Consultez les fiches sur les maladies parodontales sur le site de l’assurance maladie de la Gironde